Paris, de nos jours, à la mi-juillet. Guillaume arrive à la capitale pour garder un grand appartement, jusqu'à la fin de l'été. C'est Lucie, amie de sa mère et propriétaire du lieu, qui l'accueille... avant de disparaître, d'un coup. Une bouilloire siffle toute seule dans la cuisine, un placard gronde, un livreur apporte des courses que personne n'a commandées. Et la maison, peu à peu, s'anime. D'abord surpris, Guillaume décide de prendre les choses comme elles arrivent, et le voici qui accueille les visiteurs, étranges, amusants, agaçants et parfois effrayants, qui surgissent de nulle part et s'évanouissent de la même façon. Un homme vient à se rescousse, il dit s'appeler Pentecôte, il est rassurant et aimable, mais Guillaume se rend rapidement compte qu'il n'est pas là pour lui faire plaisir.
Un conte nerveusement fantastique, parfois obscur, mêlant cauchemars et rêveries, davantage du côte de Ophüls des années 30 (pas très jeune, tout ça) que de Cocteau; le rôle titre est admirablement tenu par Guillaume Verdier, d'une plastique et d'une grâce étonnante. Mine de rien, deux ou trois expérimentations passent inaperçues ? tant mieux, il n'y a rien de plus laid, comme disait Jules Renard, que le savoir-faire qui se fait savoir. Un film intimidant et agaçant pour ceux qui se laissent facilement intimider et qui s'agacent d'un rien qui ne leur ressemble pas. Belles images.
Robin